Mettons fin à la folie des bouteilles plastiques !

Dans le Journal du Dimanche de 16 Novembre 2019 est paru un article sur l'aberration de la bouteille plastique.

Plusieurs associations pour la préservation de l'environnement alertent sur la généralisation de l'usage et la multiplication des bouteilles en plastique. "Le consommateur doit changer radicalement son modèle de consommation et le législateur doit l'accompagner dans cette transition", plaident-ils. 

Surfrider Foundation, France nature environnement, plusieurs navigateurs, et fondations de lutte pour la protection des océans alertent sur l'utilisation massive des bouteilles en plastique, fléaux pour les écosystèmes. Voici leur tribune au JDD : "Dès 2016, la fondation Ellen MacArthur nous avait alertés : "En 2050, il y aura plus de plastique que de poissons dans l'océan." Le septième continent de plastique, qui dérive dans le Pacifique, en est l'illustration la plus alarmante. Or que constate-t-on dans notre quotidien? L'eau en bouteille plastique à usage unique est omniprésente. À la maison, au bureau, dans les VTC, les salles de sport, la rue, les transports, les aéroports, les hôtels… et même distribuée gratuitement dans les gares cet été pendant la canicule.

En effet, la France est dans le trio de tête des pays européens avec 16 milliards de bouteilles d'eau consommées annuellement. Les multinationales proposant des boissons en bouteille plastique aux budgets marketing colossaux cartonnent : le chiffre d'affaires du secteur est en croissance de plus de 3,5% sur les cinq dernières années et devrait générer plus de 4 milliards d'euros en 2019. L'axe majeur d'innovation du secteur repose sur la multiplication de petits formats de bouteille adaptés aux différents moments de consommation de la journée. Illustration de ce phénomène : le lancement de "La Goutte" par une célèbre marque française, en France et à l'international. Cette mini-bouteille en plastique, destinée à un usage nomade, contient l'équivalent d'un verre d'eau… soit cent grammes de plastique par litre.

Cet été, une pétition sur change.org a rassemblé plus de 150.000 signataires pour demander le retrait du produit. Coïncidence ou non : au cours d'une émission télévisée début septembre, l'arrêt de la commercialisation de "La Goutte" a été annoncé d'ici à la fin d'année, car elle ne correspond plus aux attentes du marché. Si les bouteilles plastique – prises dans leur totalité – représentent une aberration, celle-ci est d'autant plus importante lorsqu'on considère les petits formats de bouteille. En effet, plus le contenant est petit, plus le poids de plastique par litre d'eau consommé augmente. Ce qui représente un véritable fléau pour les écosystèmes.

Ensuite, le recyclage est loin d'être une pratique généralisée, surtout pour les bouteilles de petit format. Les embouteilleurs annoncent qu'une bouteille plastique sur deux est recyclée. La réalité est hélas moins flamboyante : dans les métropoles françaises, moins d'une bouteille sur dix est recyclée. Ce constat fait partie des raisons qui amènent aujourd'hui à réfléchir à la mise en place de systèmes de consigne sur ces bouteilles.

Mais regardons la face cachée du recyclage : énergie, eau et produits chimiques employés, qualité moindre du plastique recyclé (on parle alors de "décyclage"), scandale de la sous-traitance à des pays en voie de développement qui ne sont pas regardants sur les conditions de recyclage. Dans ce contexte, peut-on réellement considérer le plastique recyclé comme une ressource ou une matière première comme une autre? Non, et la bouteille plastique ne sera jamais un maillon de l'économie circulaire.

Comme l'amiante hier et le diesel aujourd'hui, la bouteille plastique est une aberration que nous regarderons amèrement dans quelques années. Certaines villes étrangères comme Montréal interdisent déjà la bouteille plastique dans leurs administrations. À quand une politique similaire appliquée à l'échelle d'un pays? En ces temps d'urgence environnementale, le consommateur doit changer radicalement son modèle de consommation et le législateur doit l'accompagner dans cette transition. Une chose est certaine, la meilleure bouteille plastique n'est pas celle qui est consignée ou recyclée, mais celle qui n'est pas produite."

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